La plume et l'enclume

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Posée sur le vieil établi,

Une enclume observe le vent.

Jouant avec les toiles aussi

Grises que ne l’est son amant.

Ils sont attachés l’un dans l’autre

Depuis des années maintenant,

On n’imagine pas l’apôtre

Qui les séparerait du temps.

 

Quand surgit une plume blanche

Qui intrépide lance fort :

« Mais n’attendez donc point Dimanche

Pour transformer le fer en or »

Venez avec moi dans la brise,

Tendrement je vous bercerai,

De mille douceurs auditives,

Et de plaisirs à volonté.

 

« J’ai bien vécu lui dit l’enclume,

Et si je suis forte parfois,

C’est que sous mon ocre costume,

J’ai gardé le teint d’autrefois.

Bien sûr, j’ai miroité ailleurs

Et si mes rêves sont enfouis

Je suis légère comme un cœur

Et fidèle à toute une vie. »

 

L’autre se moque et dit « J’assume,

Profitez de ma splendeur née »

Tourne le vent, tourne la plume

Et disparaît l’immaculée.

Elle se perdit sans amour

Au milieu des herbes sauvages,

Esseulée, le bagage lourd

Et bien inutile au voyage.

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