"H"

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J’ai été embarqué de force sans avis
Réduit à nu l’instant d’après sous les sirènes,
Attrapés par leurs chiens, par leurs crocs dans mes veines,
Meurtri en découvrant ma nouvelle agonie :
 
Se relever hagard, les membres engourdis
Lacérés des canines aiguisées de la veille.
Se réveiller souvent tout en ayant sommeil
L’alarme détraquée et pourrissant mes nuits.
 
Etre un homme araignée sans glisser sur la toile,
Menotté aux poignets des câbles du cachot.
Cracher la vérité, ce qui est vrai ou faux
Pour répondre aux geôliers, camouflés sous leur voile.
 
Tous les gens sont masqués, dites-moi : qui sont-ils
Dans ce vert tribunal, où mes yeux pleurent et dansent ?
Je suis abasourdi, sous leurs mots, ma sentence
Et tout en divagant je replonge imbécile.
 
J’ai perdu tout contrôle, ainsi survient la fin
Par l’air qui s’appauvrit aspiré par la peur
Qui reste à mon chevet, regardant la douleur
M’envahir jusqu’à quand, demain? Après-demain ?
 
Piquez-moi d’un sérum, d’un courage antalgique
Ou bien d’un venin fou, tant pis si sonne l’heure !
Tout est chimère ici, chassez donc loin, ailleurs
Mes hallucinations pneumo-psychédéliques !
 
S’étire alors l’ennui, s’allongent les repas
Au hasard d’un reflet, se voir fondre en hiver,
Accompagnant toujours l’épouvantail de fer,
Mon fidèle voisin de chambre et de combat.
 
Ne plus dormir la nuit, ne plus vivre au présent,
Même sous les regards compatissants des proches
Avoir la frousse au corps, le mal pour daube en poche
Et rien pour monnayer le souvenir d’avant
 
Le visage creusé tel mon corps squelettique,
Je suis un prisonnier. L’uniforme léger,
Je tente les cent pas dans trois mètres carrés,
Faute de permission, mais à nouveau… j’abdique.
 
Les avant bras piqués par d’étranges moustiques,
Le corps jaune ou bien bleu suivant les derniers coups,
Tout est décourageant dans ce monde de fous,
Je persévère encore et convaincs un indic.
 
Juste un instant, je reprends conscience à demi.
J’ai le souffle si court, non, qu’à cela ne tienne !
Il faudra qu’aujourd’hui mes pas tremblants s’enchainent
Pour atteindre le mur, terrasser la sortie.
 
Cruel et sans regret, je fuis la bouffe fade
Abandonnant discret mes amis de cellule
Dans un ultime élan, tout risquant je recule
La porte est entrouverte… allons-y… je m’évade…

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